Note de lecture

J'ai eu des difficultés avec les traductions du texte de Carlos Quiroga.
Je ne lis pas l'espagnol et la traduction française est incompréhensible.
J'ai donc travaillé à partir de la traduction anglaise, la retraduisant en français.
Au bout du compte, j'ai donc travaillé sur une traduction d'une traduction...
Le texte comprend plusieurs citations du texte de Lacan :"L'Etourdit", (paru dans Scilicet, n° 4), que, je suppose l'auteur a lui-même lu, traduit en espagnol. Ces citations, traduites du français en espagnol, retraduites de l'espagnol en anglais, puis de l'anglais en français montrent combien en passant d'une langue à l'autre les sens foisonnent jusqu'au contre-sens.
Je ne suis pas sûre donc d'avoir travaillé sur le texte de l'auteur ; Qu'il veuille bien m'excuser s'il ne retrouve pas dans ce que j'ai lu ce qu'il a écrit.

Carlos Quiroga appuie sa réflexion sur une lecture du texte de Jacques Lacan : "L'Etourdit" qui date de 1972, (paru dans Scilicet n°4).
Le titre " Il faut commencer avec la logique de l'Hétéros" est une version de la phrase de Lacan "C'est la logique de l'Hétéros qui est à faire partir..." (Scilicet page 23).
Carlos Quiroga centre sa réflexion autour de la logique de l'autre et du même.
L'auteur s'appuie sur une citation de Lacan : "Disons hétérosexuel par définition, ce qui aime les femmes, quel que soit son sexe propre. Ce sera plus clair.
J'ai dit : aimer, non pas : à elles être promis d'un rapport qu'il n'y a pas. C'est même ce qui implique l'insatiable de l'amour, lequel s'explique de cette prémisse". (L'Etourdit page 23) pour établir un lien entre l'amour et le "goût pour les femmes" qui viendrait subvertir le refus du féminin commun aux deux sexes.
Carlos Quiroga fait alors référence, suivant en cela Lacan dans "L'Etourdit" au Parménide de Platon, qui récuse l'identité de l'Etre et du Un.
L'unaire est alors le trait dont se soutient l'idéal du moi ; le trait unaire est le un qui connote la différence absolue.

Pour mener sa réflexion sur ce qu'il nomme "le goût pour les femmes", l'auteur fait référence à Kant qui dans son Esthétique produit un déchiffrage de l'énigme du goût.
En effet, pour Kant, le jugement de goût ne saurait prétendre à la même objectivité que le jugement logique dans la connaissance, car il ne se fonde pas comme lui sur des concepts. Il est esthétique. Il se rapporte à un sentiment comme tel inaliénable en connaissance, celui d'une satisfaction éprouvée dans l'appréhension d'une forme.

Carlos Quiroga écrit qu'à la place du refus du féminin (commun aux deux sexes) "le goût pour les femmes" pourrait survenir, que cela pourrait être un chemin pour positionner l'éthique de cette subversion...
Dans cette notion du goût, il y a quelque chose qui ne cesse pas de ne pas s'écrire : la jouissance féminine... Alors que la jouissance masculine ne cesse de s'écrire...
Cela pourrait faire question à l'auteur ou être un point de départ d'une discussion.

lecture de MICHELE SKIERKOWSKI