Note de lecture

FRANÇAIS
Le texte prend son départ d'un fragment clinique, dégagé de l'analyse d'un garçon de huit ans, et prend la distance existante entre lalangue et les langues (le garçon est en rapport avec trois langues différentes) en tant que l'espace où peut se révéler quelque chose de l'ordre du déni, étant donné que le garçon essaie d'éviter la constatation de la castration maternelle.
Nous pouvons voir dans ce travail, comme un de ses points les plus remarquables, la constatation de ce que l'inconscient, parce que structuré comme un langage, ne se limite pas aux caprices d'une langue particulière, tout en traversant plusieurs langues, et en s'utilisant, pour un sujet déterminé, de la dimension signifiante que chaque langue peut lui procurer, pour traduire les mouvements du sujet de l'inconscient.
Le point crucial du texte, celui qui a apporté à ce travail de lecture les réflexions les plus importantes, porte sur le récit d'un rêve du sujet, dans lequel, en bégayant, en mélangeant l'anglais, l'italien et l'espagnol, il s'étonne à se définir comme le "small pin" de sa maman, dans une référence au phallus maternel. Ce fragment nous a affectée par sa proximité par rapport à deux textes freudiens - le "Fétichisme" et "Le clivage du moi dans le processus de défense". Le texte de Freud sur le fétichisme s'initie justement par le récit d'un épisode concernant un patient qui avait vécu, dans son enfance, en rapport à une langue étrangère et, au moment où Freud le reçoit, il présente un étrange comportement sexuel, celui de faire dépendre sa jouissance d'un certain éclat sur le nez de sa partenaire. C'est dans le caractère translinguistique du mot "Glanz", dont la sonorité s'approche de "glance" ("entrevue", en anglais), que Freud trouve l'élément de l'inconscient auquel s'était fixée la jouissance du sujet. Le lapsus de Lacan [qui, dans "Le savoir du psychanalyste", utilise "lalangue" (écrit ensemble) au lieu de "la langue" (écrit séparé), et s'en profite pour apporter à la scène un élément de l'inconscient comme structure], semble rendre plus clair le rapport entre l'inconscient et l'écriture. Lalangue concerne la dimension de l'inconscient comme écriture: l'inconscient est ce qu'on lit. C'est en tant qu'écriture d'une jouissance qui s'origine, se structure et se divise en deux mécanismes divers, qu'on peut lire le bégaiement du garçon de huit ans. Le garçon, un névrosé, appelle au déni pour manier son angoisse. La lecture de son bégaiement est ce qui permet de prendre son mouvement comme étant de l'ordre d'une Verleugnung. Dans son texte posthume "Le clivage du moi dans le processus de défense" Freud, avec son style habituel, fait état de quelques cas où le mécanisme du refoulement opère côte à côte du déni, pour ensuite pointer ce fonctionnement comme usuel et fréquent chez les sujets, et pouvant avoir lieu en face de points-limites, tels que la castration de l'Autre maternel.
Nous ajouterons à notre lecture, comme un point crucial, le fait que ce bégaiement est évidemment adressé par le transfert, ce qui met en scène la dimension de l'offre de ce déni à l'analyste, et le fait que le retour du garçon à l'analyse aura lieu un an après, dans la présence de symptômes ayant le caractère de tics qui, malgré la fin des phobies, l'ont fait revenir à l'analyse. Nous pensons que le mécanisme du déni est peut-être celui qui a été le moins soumis à l'épreuve sous transfert dans l'expérience psychanalytique et que les développements conséquents d'épisodes cliniques dans l'analyse de névrosés, dans lesquels on peut vérifier l'adressement transférentiel d'épisodes mis en acte par l'incidente de la Verleugnung constituent des circonstances privilégiées pour faire avancer la recherche psychanalytique.


PORTUGAIS
O texto parte de um fragmento clínico, retirado da análise de um menino de oito anos, e toma a distância existente entre lalangue a as línguas (o menino tem contacto com três línguas diversas) como o espaço onde pode revelar-se algo da ordem do desmentido, dado que o menino tenta evitar constatar a castração materna.
Podemos ver no trabalho, como ponto de maior relevo, a constatação de que o inconsciente, sendo estruturado como uma linguagem, não se limita aos caprichos de nenhuma língua, atravessando-as, utilizando-se, para um sujeito, da dimensão significante que cada língua pode fornecer, para traduzir os movimentos do sujeito do inconsciente.
O ponto crucial do texto, que mais trouxe reflexões neste trabalho de leitura, refere-se ao relato de um sonho do menino, no qual, balbuciando, misturando inglês, italiano e castelhano, ele se surpreende definindo-se como o "small pin " da mamãe, numa referência ao falo materno. Tal passagem nos afetou pela proximidade que apresenta com dois importantes textos freudianos, que são o "Fetichismo" e "A divisão do ego no processo de defesa". O texto de Freud sobre o fetichismo inicia-se justamente pelo relato de um episódio referente a um paciente que convivera com uma língua estrangeira em sua infância e, no momento em que Freud o recebe, apresenta um estranho comportamento sexual, o de gozar na dependência de um certo brilho no nariz da parceira. É no caráter translinguístico da palavra "Glanz", cuja sonoridade aproxima-a de "glance"(vislumbre, em inglês), que Freud acha o elemento no qual se fixara o gozo do sujeito. O lapso de Lacan [que, em "O saber do Psicanalista" utiliza lalangue (junto) em lugar de la langue(separado) e disso se aproveita para trazer um elemento do inconsciente como estrutura à cena] parece tornar mais clara a relação entre o inconsciente e a escritura. Lalangue concerne à dimensão do inconsciente como escrito, o inconsciente é aquilo que se lê. É como a escritura de um gozo que se origina, se estrutura e se biparte em dois mecanismos diversos que podemos ler o balbucio do menino de oito anos. O menino, um neurótico, recorre ao desmentido para lidar com sua angústia. A leitura de seu balbucio é o que permite tomar seu movimento como da ordem de uma Verleugnung. Em seu texto póstumo "A divisão do ego no processo de defesa" Freud, com seu estilo usual, parte de alguns casos nos quais o mecanismo do recalque convive com o do desmentido, para depois apontar este funcionamento como usual e freqüente nos sujeitos, passível de ocorrer diante de pontos-limite, como a castração do Outro materno.
Acrescentamos à nossa leitura como ponto crucial o fato deste balbucio ter um endereçamento transferencial bastante óbvio, o que coloca em cena a dimensão da oferta deste desmentido à analista e o fato de que o retorno do menino à análise se faz um ano depois, na presença de sintomas com o caráter de "tiques" que, apesar do fim das fobias, o fizeram retornar à análise. Pensamos que o mecanismo do desmentido talvez seja aquele que menos tem sido posto à prova sob transferência na experiência psicanalítica e que os desenvolvimentos decorrentes de episódios clínicos na análise de neuróticos nos quais se possa verificar o endereçamento transferencial decorrente da Verleugnung são circunstâncias privilegiadas para fazer avançar a pesquisa psicanalítica.

lecture de NYMPHA AMARAL

 

Dans ce travail il semble que l'auteur veuille rendre compte, à travers quelques fragments, d'une psychanalyse d'un enfant de huit ans - enfant phobique semble-t-il. Cet enfant, dans la régression de la cure, retrouve une réarticulation possible de ce qui est resté hors champ de la symbolisation. Il passe notamment par l'insistance d'un phonème "pi" devenu signifiant. Ce "pi" est à la fois le " picolino " de la mère soit le petit de la mère (lui) et le petit de la mère (organe sexuel). C'est aussi le "pi" de pierna (jambe) et le "pi" de son chien "Pinino". L'auteur y voit un effet de la Verleugnung en attribuant une "mise en place de fétiche et au chien et à la propre jambe de l'enfant. J'y verrais pour ma part des mécanismes de déplacement et de condensation tout à fait habituels chez un petit enfant dans lesquels son chien serait comme une adresse de tentative de représentant de la représentation. Et la séance rapportée comme un rêve adressé au psychanalyste.
Cela étant dit, mon rôle de lectrice consiste je crois à essayer de transmettre au mieux le texte que j'ai eu à déchiffrer à travers de réelles obscurités, obscurités de traduction d'abord où il me fallait constamment me référer à la traduction anglaise dans un va-et-vient entre anglais et français. Malgré cela je dois dire que de nombreuses séquences sont restées pour moi obscures : " Indiquer la mort de Lady Di comme une métaphore pour l'enfant de la perception de la castration ", sans que rien dans le fil du texte n'en offre quelque déploiement ; et se livrer aussi à une articulation théorique lacanienne un peu surréaliste qui justement semble omettre et l'adresse faite à l'analyste et que, comme je l'indique plus haut, chien et jambe ne se justifient pas en position de fétiche mais comme figure de déplacement chez un enfant de huit ans. Comme un rêve adressé à son analyste, dans une tentative de représentant de la représentation etc etc .
À vous de jouer, cher Rapporteur !
Pour ma part devant un tel texte, de pourtant seulement trois pages, j'ai envie de m'exclamer : " Oh Lacan, que de choses écrit-on en ton nom ! " et peut-être aussi : " Au secours, Winnicott ! "
Ce dernier paragraphe est évidemment facultatif.

lecture de ALICE CHERKI