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Note de lecture
Ce travail a pour point de départ une approche de la question
de Dieu chez Freud et chez Lacan. Il propose quelques hypothèses
intéressantes. La première est la différence qui
existerait entre Freud et Lacan à propos de " l'idée
de Dieu ". S'appuyant sur sa lecture du Séminaire RSI, l'auteur
souligne la place que Lacan donne à la logique : " Fixer les
choses dans la logique, c'est assurer leur transmission, c'est contribuer
à la production de sens. " Lacan parlera de Dieu en termes
logiques, non religieux avance-t-elle. Donner à Dieu une place
dans la logique de la psychanalyse c'est l'inscrire dans le champ du réel,
hors de la référence au père sur lequel repose la
religiosité. Ainsi met-elle en perspective la position de Freud
par rapport à celle de Lacan : pour Lacan Dieu ex-siste du côté
du réel, trouant la consistance paternelle.
Contrairement à Lacan, pour Freud malgré ou à cause
de son athéisme, - position elle-même prise dans la religiosité
nous dit Miriam Bercovich -
Dieu reste pris dans la consistance du père. Cette consistance
serait alors non trouée avec tout l'imaginaire qui l'accompagne,
confusion du savoir et de l'amour, pris du côté de la vénération
et de la culpabilité, même si le mouvement de l'existence
se retrouve chez Freud dans ce qui du père de la loi vient trouer
le père primordial. Cette hypothèse débouche sur
trois interrogations en filigrane dans le texte et qu'il importerait de
poursuivre :
- Qu'est-ce qu'un père ? Tout sujet serait en position de fils
et n'a aucune
chance d'être père en dehors de lexpérience qu'il
s'agit d'une place impossible. Si l'on en croit l'impossibilité
des psychanalystes-hommes ayant fait des enfants qui les appellent père
à dire quelque chose de la paternité, cela doit être
vrai mais encore ?
- Encore ! L'encore serait du côté non seulement du maternel
mais de la femme plus " apte ", et je rejoins là notre
auteur, à entretenir des liens non pas avec l'inconscient comme
elle le dit mais avec le réel. Serait-elle à cette place
" bi-face " d'indiquer au masculin que Dieu n'ex-iste pas ?
- Une autre question soulevée par l'auteur - elle est de taille
-, c'est celle de la croyance. Elle avance que " Lacan croit en Dieu
en ce sens que la relation de croyance se pose comme la seule relation
possible avec ce qui résiste au déchiffrement [ ] Lacan
croit en Dieu et paradoxalement c'est cette croyance même qui le
libère de Lui. " Hypothèse qui relance - et à
mon avis n'épuise pas - le débat sur la croyance.
Un dernier point enfin concerne la substitution du terme d'exclusion à
celui d'existence. " Pour Lacan - écrit-elle - Dieu ex-siste
dans le sens d'être ce qui reste exclu. " Exclu de quoi ? Ne
retrouve-t-on pas là une topologie dont il faudrait débattre
? Hors de hors de la jouissance phallique, hors du sens, hors des murs
de la cité alors que ex-sister n'est-il pas à entendre comme
ce bord d'où procède tout renouvellement de sens et quelques
passages de frontières.
lecture de ALICE CHERKI
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